Heredis 12

 

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Généalogies familiales

Michel « Mike » MORICE vous présente ...
 
Le reste du site est en français, mais je trouve cette citation si juste que je la reprend telle quelle ...

All the information offered is done in good faith, but do not accept it as fact unless it is supported by sound evidence (look for references to sources noted in the data).
As with most research, at times some of the data is incorrect, misleading and/or incomplete and even some of what is "certain" may later be shown to be in error as more evidence surfaces.

Remember, there is no absolute certainty of anyone's lineage because of mistakes, lies and common practices like men taking their wive's surnames. Family lores are often misleading. Mistakes were and are made in hospitals, clerks and priests have inadvertently written the wrong surnames in legal documents, children were adopted with no legal documents filed and the children never knowing they were adopted, etc.

Family history is designed to give us a sense of our heritage and the struggles our forebears endured to make us what we are today. Enjoy it !

En tout cas, n'hésitez pas à prendre contact pour plus de précisions ...

« « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « À bientôt, peut-être ? » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »



- DES INVITATIONS À VISITER -

Poème « généalogique » Charles MORICE - « Le Rideau de Pourpre »

LUI

Il fut quelqu'un de vrai ; les yeux du gris des miens.
Deux races, du fond des crépuscules anciens,
Avaient fatalement concerté la merveille
De cette humanité toute neuve et très vieille,
Fleur tardive et vivace des âges. Parfois
Passait sur son grand front la brume des cieux froids
Du nord, qui sont pesants de foudre et de pensée.
Mais la courbe délicatement balancée
De sa bouche aux contours logiques et hautains
Gardait la netteté des horizons latins.

Tous Normands de sang pur, ses paternels ancêtres :
Démons du flot, voleurs de sol, partout leurs maîtres,
Ces sublimes brigands que Byzance a connus,
Qui passaient, chevauchant le vent, colosses nus,
Agiles, blancs, silencieux, invulnérables,
Massifs et pourtant si légers que sur le sable
On ne trouva jamais la trace de leurs pas.
Ils aimaient la fumée atroce des combats
Et le rêve, et l'ivresse extatique du rêve
Où le héros lassé consent l'heure de trêve
A forger dans son cœur d'impossibles desseins.

Hellmé sentait brûler leur fièvre dans son sein.
L'amour tumultueux des grandes aventures,
Le frisson glorieux des victoires futures
L'appelait au-delà du natal horizon,
Et les heures, qui dans la paix de la maison
Sonnaient si doucement le refrain de la vie
Coutumière, étonnaient son âme inassouvie.
Que de fois dans le port on le surprit, le soir,
Immobile, l'œil vague et regardant sans voir
Vers la mer au loin large ouverte comme un livre,
Vers les nuages ailés dont on pouvait suivre
Le vol, comme dans un autre ciel sur son front !
- Ceux qui voilà mille ans sont partis reviendront
Pour repartir, l'amour et la terreur du monde,
Et rien ne bridera leur ardeur vagabonde,
Pleurs de mère non plus que baisers amoureux,
Car ils sont à la route et ce n'est pas pour eux
Qu'au bord des fleuves, dans l'épais limon des plaines,
Jour à jour la prudence et l'énergie humaines
Ont fortement fondé ces temples du repos
Où le berger s'endort, gardé par ses troupeaux. –

Hellmé sans le savoir eût suivi les nuages . . .
Soudain grondait en lui l'âpre voix des vieux sages
Qui, limitant la vie à leurs pensers étroits,
La cernèrent de murs, de faisceaux et de lois
Et dans leurs doigts d'airain repétrirent la terre.
Et le jeune homme, étant le fils des sédentaires
Conquérants comme des nomades ravisseurs,
Croyait entendre du loin des temps les rumeurs
De leur conflit sourdre en son âme dédoublée.

Puis, il considérait la grève désolée
Du heurt perpétuel des flots battus des vents ;
Puis, songeant aux cités où pleurent les vivants, -
Qui deviendront ces grains de sable aux vagues noires
De la mer et de la ténèbre sans mémoire,
Au dévorant oubli des abîmes jetés, -
Il écoutait gémir dans son cœur la fierté
Virginale de sa généreuse jeunesse,
Seule étrangère à cette unanime détresse
Des trois mondes, et dans un cri de véhément
Enthousiasme, il reniait également
Et maudissait de toute son âme indignée
Les conseils violents de sa double lignée,
Ces deux avares, ces deux monstrueux orgueils,
Entêtés artisans de gloires et de deuils,
Errabonde folie ou fureur calculée.
Dans le silence pur de la nuit étoilée,
L'adolescent royal ouvrait en croix ses bras
Et, le cœur éperdu d'amour, faisait tout bas
Le vœu d'être - ingénue et sublime démence ! -
Le Christ universel de la Nature immense.
Le vœu de prendre pour son seul bien tout le mal,
D'interrompre le cours du désordre fatal,
De sommer la douleur des hommes et des choses
- Cette lourde rançon de leurs métamorphoses -
Dans son cœur, pour la toute immensément souffrir
Dans son cœur immortel afin de la tarir
Par la vertu du sacrifice nécessaire.

A l'exemple de ses ancêtres les corsaires
Il irait écumant les terres et les mers,
Seul, pour chercher, parmi les théâtres divers
- Orient ! Occident ! - du vieux rêve de vivre,
Le baume qui guérit, le verbe qui délivre,
Le dictame certain, le divin rameau d'or ;
Il irait, seul, et rien ne briserait l'essor
De l'amour, dont l'espoir et la foi sont les ailes,
Rien, et pas même dans son sang les voix cruelles
Ni des consuls debout dans l'ombre des sept monts,
Ni des démons du nord : rien, à qui dit : Aimons !
Rien qui ne cède à qui vient, apportant la joie,
Pour réconcilier le chasseur et sa proie !

Songes. Mais ils laissaient cette réalité
Visible au pâle front du songeur, leur beauté.

Une auréole de lueurs surnaturelles
Dédiait clairement ce grave et doux rebelle,
Qui ne l'acceptait pas, au bonheur d'être aimé.
Les femmes se levaient pour saluer Hellmé
Quand, l'âme pleine encor de tragiques images,
Il s'en revenait, seul, à pas lents, du rivage,
Et leur sourire l'admirait et l'appelait.
Mais qu'il fît luire dans leurs yeux l'ardent reflet
De ses grands yeux, miroirs traversés d'ombres vives,
Toutes se détournaient, craintives et pensives.
Il passait, défendu de l'amour par l'amour,
Et de dolents regards jusqu'au dernier détour
Du chemin le suivaient, aveux, adieux, prières,
Puis sur des pleurs se fermaient toutes les paupières
Et sur l'image d'un cruel Prince Charmant . . .

Il fut quelqu'un de vrai ; simple emphatiquement.